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Chroniques Manga & Manhwa

NONNONBâ

Après le volume 1


SYNOPSIS

Shigeru Muraki est un garçon rêveur qui n'aime pas l'école, mais qui a un talent certain pour le dessin. Il réalise à longueur de journée des bandes dessinées qui amusent tout le monde, y compris sa mère, qui préférerait tout de même qu'il rapporte des bonnes notes à la maison. En réalité, si ses œuvres sont si réjouissantes à lire, c'est notamment grâce à la vieille NonNonBâ, qui ne manque pas une occasion pour lui raconter des histoires sur les yôkai, ces créatures surnaturelles vivant dans le monde de l'invisible. Avant de sortir de l'enfance, Shigeru fera plusieurs rencontres qui bouleverseront sa vie...

AVIS

Shigeru Mizuki est connu au Japon comme étant le spécialiste des yôkai. Toute sa carrière, il l'a passée à dessiner des œuvres mettant en scène ces créatures fantastiques. L'auteur du célébrissime Kitaro le repoussant (Ge Ge Ge no Kitarô) – du moins au Japon – aujourd'hui très âgé, nous fait découvrir avec NonNonBâ une partie de son enfance avec cette mémé qui venait "aider à la maison". Un manga très autobiographique qui prend tout son sens avec son titre original : NonNonBâ to ore (NonNonBâ et moi).

On pouvait en douter un peu au début, mais Shigeru Muraki est donc bien Shigeru Mizuki. De toute évidence, l'auteur a simplement joint à son vrai nom, Mura, la terminaison de son pseudonyme. Ne nous y trompons pas pour autant, à cette part de réel se mêle bien sûr bon nombre de faits fictifs, à commencer par l'apparition des yôkai (sauf si vous y croyez, naturellement) ; et au bout du compte, c'est ce savant mélange qui fait tout le charme de cette histoire. Mais en fait d'histoire, c'est plutôt de tranches de vie dont il est ici question. Les chapitres ont pour point commun les yôkai qui, en plus d'impressionner (ou horrifier, au choix), vont se révéler déterminants dans les raisonnements de Shigeru, tout comme l'a sans doute été Nozomu, le père de famille, dans ses agissements vis-à-vis de son métier de caissier de banque. Le mangaka n'hésite pas à dévoiler sa vision de la vie à travers son manga et se moque gentiment et avec humour de certains comportements (la mère, les gamins du quartier) sans doute typiques des années 30, ce qui est toujours intéressant à voir quand on s'intéresse au côté sociologique de l'ouvrage. Le récit est pour sa part bien élaboré, et ce n'est sans doute pas un hasard si le dénouement se situe au tout début du livre, toute la tristesse et la nostalgie de Shigeru en ressortent de fait plus marquées, plus authentiques. La lecture se fait de plus sans ennui, grâce à des textes simples et des planches très lisibles. On savoure (le mot est peut-être un peu fort) ainsi comme il se doit le travail artistique de Mizuki, qui apporte beaucoup à l'ambiance pesante instaurée par la présence des yôkai, par exemple.

Si le style graphique peut décontenancer les amateurs de manga modernes, il est malgré tout indéniable que le trait de Shigeru Mizuki possède quelque chose d'attirant et de très personnel, ce qui est assez rare de nos jours. Simples dans leurs traits, les dessins sont en revanche dynamiques et bien équilibrés. Ce constat est de plus renforcé par un cadrage soigné, bien que très (trop) classique. N'oublions pas qu'il s'agit d'une œuvre qui date de la fin des années 70. Fait amusant pour finir : on note quelques reprises de dessins d'une case à l'autre. Comme quoi, les techniques de recyclage ne sont pas nées d'aujourd'hui.

NonNonBâ se révèle au final être une œuvre personnelle assez touchante. On y découvre une part du passé d'un talentueux auteur qui aura marqué de sa patte le monde de la bande dessinée japonaise. Les plus passionnés feraient bien d'y jeter un coup d'œil, de même que ceux qui s'intéressent aux yôkai. Pour les autres qui recherchent dans le manga du divertissement pur, ce n'est pas un arrêt obligatoire.

ADAPTATION FRANÇAISE

La première chose qui étonne, c'est le format et la grosseur de l'ouvrage : plus de 400 pages de 17 x 24 cm ! Le prix est donc en conséquence, et c'est ce qui pourrait rebuter la plupart des acquéreurs. La qualité matérielle est en tout cas assez excellente, avec un papier épais, la présence de pages en couleurs et un rendu visuel très net. Pas de jaquette pour cette édition, mais une couverture (très sympa d'ailleurs) avec rabats. Le travail de prépresse n'est pas mauvais, mais la police choisie (Comic sans MS) est tout simplement non appropriée et fait plus amateur qu'autre chose. Les onomatopées et autres textes en japonais sont sous-titrées en dessous des cases où elles se trouvent, il y a quand même quelques oublis (les noms sur la lettre d'amour, par exemple). Même si l'intention est louable (ne pas gâcher du dessin), ça casse tout de même d'une certaine manière le rendu global des planches, les espacements entre les cases ayant aussi leur importance. Les termes "spéciaux" bénéficient d'explications en fin d'ouvrage, ce qui est toujours instructif. On a droit également à une préface de l'éditeur Cornélius qui explique pas mal de choses. À noter qu'on y trouve quelques erreurs comme "Murata" au lieu de "Muraki" ou encore "Shiguéru" à la place de "Shiguélou". La traduction a l'air bonne, même si on relève quelques coquilles (les points d'interrogation manquants, l'accord avec le factitif). Sens de lecture japonais conservé.

DU MÊME AUTEUR



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RYO
28/08/2008

Fiche Technique

Titre :

NonNonBâ

Titre original :

NoNonBâ to ore

Auteur(s) :

Shigeru Mizuki

Éditeur :

Cornélius

Nombre de volumes :

En France :

1 (fin)

Au Japon :

1 (fin)

Prix indicatif :

29 €

Type d'ouvrage :

Manga

Titre couverture

Édition française (1)
Édition originale (1)
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fondEn bref

Dessin : 14/20

Un style simple mais agréable à voir.

Scénario : 14/20

La jeunesse d'un garçon saupoudrée de mysticisme.

Fun : 15/20

Une lecture qui se fait sur plusieurs niveaux.

Adaptation : 14/20

Dommage pour la police de caractère. Un peu cher...

Intérêt : 87 %

Un très bon ouvrage, mais qui ne réprésentera rien de spécial pour les jeunes fans de manga. Une bonne occasion de découvrir un auteur majeur.

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