
SYNOPSISIl est dit depuis la nuit des temps que le sang d'un Matools, créature mystérieuse au pelage doré, est capable de tous les miracles, notamment celui de donner l'immortalité à quiconque le boirait. Se basant sur ce récit, le jeune et fier Kai, bretteur hors pair, part en quête d'un de ces monstres de légende. En route, il sauve sans trop le vouloir une apprentie guérisseuse du nom de Sophy, avec qui il va être plus ou moins contraint de faire équipe dans sa périlleuse expédition. Ce partenariat temporaire va les conduire à des vérités jusqu'alors insoupçonnées... AVISAmateurs de fantasy, réjouissez-vous, car vous voici face à une série de premier choix. Réalisé par un certain Hajime Sawada, ce manga graphiquement abouti a de quoi vous faire passer quelques moments assez mémorables. Plutôt court, il a ainsi le mérite d'aller vite à l'essentiel, avec de surcroît un dénouement tout à fait à la hauteur de ce qu'on pouvait en attendre tout au long de sa lecture.
Alors que les débuts ne présageaient rien de bien folichon (disons que ça sentait le truc très classique), on s'aperçoit heureusement assez vite que le scénario de Blood of Matools en a sous le coude. Au final, après lecture des six tomes, on constate que tout se tient à merveille : les différents lieux visités ont de la consistance et les personnages secondaires rencontrés une personnalité travaillée. Depuis le début, l'auteur sait à peu près où il va, et ça, ça fait toujours plaisir à voir (marre des rafistolages scénastiques sans queue ni tête auxquels nous habituent certains mangaka). Le lot de rebondissements vaut son pesant de cacahouètes, les révélations sont bien amenées dans l'ensemble et bien pensées, bien qu'on déplore quelques phases un brin expéditives. Sans trop en dire, attendez-vous à des affrontements dantesques et des personnages hauts en couleurs auxquels on s'attache vite, même si le héros et son caractère de fonceur tête brulée ne fera sans doute pas l'unanimité. À tout ceci vient évidemment se greffer l'autre "grosse" partie de l'histoire, un classique s'il en est : le fameux triangle amoureux dont tous les lecteurs romantiques raffolent. Qui sont les trois personnes concernées ? Vous le découvrirez bien assez tôt.
D'un point de vue technique, Blood of Matools remplit très bien le cahier des charges, avec un graphisme maîtrisé, mais qui a tendance à se simplifier au fil des volumes. Au départ, les coups de crayon étaient nombreux et la patte de l'artiste avait quelques similitudes avec le style de Hagiwara, l'auteur de Bastard!!, à ses débuts. Mais très vite, le mangaka prend le parti d'éliminer les traits qu'il juge superflus, donnant de fait à son dessin un air plus professionnel comparable à celui de Yû Yagami (Villa Cosmos, Go West). Le résultat n'est pas moins bon, mais du coup l'apparence des protagonistes des derniers volumes n'ont presque plus rien à voir avec celle des tomes 1 et 2, ce qui est tout de même plutôt déroutant. Hormis ce "détail", on note un soin particulier accordé à la mise en page des différentes séquences, avec un souci de varier autant que possible le cadrage des planches.
Pour finir, disons le tout net, vous tenez là une bonne série d'heroic fantasy traduite qui plus est dans un bon français. Une histoire solide pour une réalisation de haut niveau, excusez du peu. Un brin violent parfois, ce manga n'est évidemment pas recommandable aux plus jeunes. ADAPTATION FRANÇAISEKi-oon a opté pour la version "Complete Edition" sortie au Japon, mais a doublé le nombre de volumes, ce qui, après tout, n'est pas plus mal. Chaque tome a ainsi une durée standard (180 pages env.), mais les trois illustrations des jaquettes en sus ne sont pas de qualité équivalente à celles qui constituent l'édition originale (c'est assez net). La fabrication des ouvrages est quant à elle de qualité (encrage, papier, etc.), le lettrage très pro et la traduction d'un bon niveau. De mémoire, une faute d'orthographe a été relevée à un moment donné et une histoire de tiret au lieu d'apostrophe pour des phrases comme "Va-t'en". Sens de lecture original.
DU MÊME AUTEUR

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RYO12/08/2008 |
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