
SYNOPSISKashé Arbadel est une apprentie invocatrice vivant à Sasan, la ville sainte située au centre du Monde des Six Portes. Son formateur, Robin Professy, a des ennuis : on vient de dérober un artéfact sacré, le "Dieu Protecteur de la Connaissance", une sorte clé menant selon la légende à l'Encyclopédie Divine, la source du savoir absolu. Il faut à tout prix retrouver le bien volé avant que l'affaire ne soit rendu publique, sans quoi la section de magie dirigée par Professy devra fermer ses portes. La mission est confiée à Kashé qui, lors de son enquête, fera la rencontre de personnes dont elle n'aurait, de sa vie, jamais soupçonné l'existence... AVISÀ l'origine, Monster Collection est un jeu de cartes sur la fantasy créé en 1997 par SNE Group. Le succès aidant, un manga dérivé de cet univers a vu le jour deux années plus tard. Le projet est confié à Sei Itô, un auteur pas vraiment familiarisé par tout ce qui est fantasy, selon ses propres dires. Ça donne au final six volumes pourtant loin d'être mauvais.
Un peu comme dans Slayers de Kanzaka, le ton de l'œuvre d'Itô se veut au départ humoristique, voire parfois délirant (le pauvre Corbeau), pour finalement aboutir à un dénouement plutôt grandiloquent. Le personnage de Kashé en est l'exact reflet. Son évolution dans les chapitres avancés est en effet bien négociée, le spectacle est garanti jusqu'aux dernières pages de l'affrontement final, avec des invocations et autres effets pyrotechniques des plus recherchés. L'histoire part d'un fait divers classique, mais prend vite un tournant assez épique, grâce à moult trouvailles et concepts d'une inventivité intéressante (l'Encyclopédie Divine). La trame est de plus soutenue par des personnages au charisme important, aussi bien du côté des bons que des "méchants", bien qu'il ne faille pas s'attendre non plus à du très mémorable. Dans les reproches qu'on peut formuler, on dira que ces six volumes ne représentent finalement qu'une longue introduction au parcours initiatique de Kashé, et que la série aurait mérité une prolongation plus conséquente. Autre point discutable, la mise en page des diverses actions, et surtout des dialogues, dont le placement des nombreuses bulles fait parfois très brouillon, et atténue de fait un peu le plaisir de lecture. L'auteur a sans doute voulu bien faire en proposant quelque chose de dynamique, mais le rendu est plutôt raté sur ce point précis, ce qui nous amène donc à parler plus en détail de la réalisation globale de ce manga.
Sei Itô sait dessiner, ça se voit. Alors que les premiers volumes (jusqu'au 2, on va dire) montraient encore quelques signes de maladresse, les derniers, en revanche, sont là pour attester de toute l'efficacité de son talent. Certaines pleines pages sont même très impressionnantes, comme celles dévoilant le Dragon Supérieur par exemple. L'auteur s'essaie même au graphisme réaliste avec certaines pages de garde dont le style rappelle un peu celui de Terasawa ou Soroyama. Le cadrage est quant à lui très varié mais, comme dit plus haut, engendre parfois un suivi peu lisible. Un format plus petit de l'ouvrage aurait sans doute aidé à affiner un peu l'ensemble.
Pour conclure, on dira juste qu'il est dommage que la série n'ait pas continué un peu plus longtemps. L'histoire se termine bel et bien avec le sixième tome, mais il y avait encore tellement à dire sur Kashé et ses compagnons que ça en devient un peu frustrant. Un manga malgré tout recommandable aux fans de fantasy, que le riche univers intéressera sans l'ombre d'un doute. À noter pour finir que d'autres séries dérivées de Monster Collection ont vu le jour, notamment Monster Collection – Demon Heart de Hideaki Nishikawa. ADAPTATION FRANÇAISELa qualité d'ensemble proposée par Asuka est assez inégale, à commencer par l'impression des différentes jaquettes. Alors que la première est d'une netteté tout à fait satisfaisante, on constate que ça devient de plus en plus flou au fil des volumes sortis, à l'exception peut-être du tome 3. Fait assez singulier aussi : le prix a varié plusieurs fois au cours de la parution de la série. De 9 € au départ, il passe à 9,95 € pour redescendre à 7,95 € sur la fin. La traduction a l'air pour sa part de bonne facture, même si l'on note des variantes orthographiques sur les noms. Sazan qui devient Sasan (et même Sassan à un moment), Arbadiel qui passe à Arbadel. Le prénom Kashé est de plus une erreur de transcription, car si l'on se réfère aux images de début (1er tome) et de fin (6e tome), il est clairement écrit "Kasche". Enfin, bref, ça reste toujours délicat, la traduction des noms en japonais. Les différents ouvrages possèdent une bonne reliure et un papier de qualité correcte, l'encrage en revanche est un brin trop maculé, on perd ainsi pas mal de détail au niveau de certaines trames. À noter pour finir que l'intégralité de l'œuvre est proposée optionnellement dans un coffret en carton assez classieux (15 x 21 x 12,5 cm env.) . Sens de lecture japonais et onomatopées non retouchées mais discrètement traduites.
DU MÊME AUTEUR

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RYO15/04/2009 |
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