
SYNOPSISUne famille se déchire. La femme est battue à mort par le mari, l'enfant assiste impuissant à la scène dans une maison désormais maudite. L'affaire est classée, même si l'on ne retrouve toujours pas le petit garçon. Quelque temps plus tard, une nouvelle famille emménage dans la maison vacante. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle risque de subir la vengeance et la rancune de ce lieu maudit, lieu qu'une équipe de télévision a par ailleurs choisi pour réaliser une émission sur le surnaturel. Elle non plus ne sait pas dans quoi elle s'est aventurée... AVISPorter en manga un succès filmique n'est pas toujours chose aisée. C'est d'autant plus difficile lorsqu'on confie le projet à des personnes au talent quelconque, voire médiocre. On en a un bel exemple avec Ju-on, un titre horrifique franchement dispensable que les lecteurs feraient bien de fuir pour éviter d'être maudits.
Bon, la dernière phrase du préambule est peut-être exagérée, c'était juste histoire de faire un bon mot, mais soyons réaliste, l'ensemble des deux travaux proposés est d'une qualité plus que discutable. Car oui, pour information, il s'agit là de deux histoires distinctes, même s'il y a un fil conducteur entre les deux (Toshio et sa mère). La première, Video Side, on la doit à Miki Rinno, elle propose une intrigue plutôt pas mal avec un dénouement digne d'un film d'épouvante de série B qu'on pourrait se mater avec plaisir un soir de glandouille. Le problème, c'est que la mise en scène est vraiment peu percutante et les plans mal maîtrisés. La lisibilité de l'action est du même calibre, avec par exemple une scène de passage à tabac assez risible où l'impact est clairement nul. Bref, pour résumé, le scénar' tient la route, mais est gâché par une réalisation maladroite. À ceci s'ajoute des dessins d'un style vraiment quelconque très orienté shôjo manga. Dommage. Le second récit, La Malédiction, réussit un peu mieux au niveau graphique, mais n'est pas pour autant dénuée d'imperfections. Et puis, il faut aimer le character design un peu particulier de son l'auteur, Meimu (Kikaider). L'histoire racontée est un peu plus introspective, mais ne convainc que moyennement au final à cause d'un dessin qui ne sied pas vraiment au propos. On doit tout de même reconnaître que l'artiste a réussi quelques pleines pages assez "effrayantes", mais ça ne suffit pas à compenser la banalité stylistique du reste de l'ouvrage. Maintenant, si on devait défendre un peu les deux mangaka, on peut dire aussi que Ju-on, les films, malgré un succès public, n'est pas non plus ce qui se fait de mieux dans le genre. C'est la popularité de ces longs métrages horrifiques d'un nouveau genre, dont l'acteur principal est sans nul doute Ring de Hideo Nakata, qui a permis l'émergence de films comme Ju-on, dont les deux premiers épisodes ne sont d'ailleurs que des téléfilms assez peu convaincants. L'adaptation en manga avait de fait peu de chance de proposer quelque chose de marquant.
Vous avez aimé frissonner devant Ju-on au cinéma ? Vous détesterez la platitude du manga proposé ici. L'ensemble n'est pas foncièrement exécrable, mais transpire tout de même assez fortement le travail sans âme qu'on découvre à chaque fois qu'il s'agit de faire des produits dérivés, histoire de surfer un peu plus sur la vague d'un succès. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition proposée par Pika dispose d'une jaquette au toucher particulier très sympathique qui, de mémoire, n'a jamais été fait dans d'autres manga. Ce procédé a visiblement un coût, puisque l'ouvrage coûte assez cher au final. C'est la seule explication possible, étant donné que le nombre de pages ne dépasse même pas les 130 par volume, de quoi grogner un peu. La qualité matérielle concernant le papier et l'impression des planches n'est pas à remettre en cause, c'est du travail maîtrisé. Le lettrage des bulles est quant à lui très propre, de même que les retouches graphiques, les onomatopées sont plutôt réussies dans leur genre, on devine qu'elles sont dans le style aseptisé de celles de la version d'origine. Enfin, la traduction semble efficace, rien à dire en particulier à son propos. Sens de lecture japonais.
DU MÊME AUTEUR

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RYO21/03/2009 |
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